C’est en 1995 que naissait FutureSplash Animator, une application graphique innovante et originale qui allait bientôt devenir Flash et connaître l’évolution que l’on sait. Ce constat me ramène à la fin du siècle dernier, une époque ou je pratiquais pas mal Flash

Lors de nos discussions entre utilisateurs, chacun y allait de son avis sur l’avenir du logiciel ; au delà des divergences d’opinion, nous envisagions tous de brillants développements pour cette application, devenue depuis le leader incontestable de la gestion de contenus animés multimédia.

J’ai de longue date, apprécié ses fantastiques possibilités, particulièrement dans les domaines du marketing et de la présentation produits. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un oeil sur l’usine à gaz de Nike (et sur mes commentaires) ou de nombreux autres sites faisant massivement appel à de la vidéo, de la 3D interactive ou de la programmation « lourde » en ASP, JavaScript ou Flex. Certaines agences ont ainsi, dès le début des années 2000, réussi à imposer un style graphique original en tirant intelligemment partie des possibilités de Flash. Les progrès effectués en matière d’ergonomie sur le web sont sans doute redevables de son usage très répandu dans les laboratoires universitaires.

Parallèlement, je n’ai jamais hésité, à une période ou se multipliaient les sites full-flash, à critiquer un usage que je considérais comme abusif. L’engouement pour Flash à parfois conduit aux pires errements : n’importe quel clampin équipé d’une carte graphique pas trop pourrie et d’au moins deux neurones était capable de faire bouger des trucs à l’écran… Certains n’ont d’ailleurs toujours pas compris qu’utilisé n’importe comment, Flash provoque de violentes migraines chez la majorité des internautes… Généralement associé à un verbiage pompeux et un contenu aléatoire, il joue le rôle de cache-misère pour des sites d’agences ou des entreprises peu scrupuleuses.

Ce sont bien évidemment ceux qui utilisent cette application polymorphe qui sont capables du meilleur comme du pire ; les développeurs d’Adobe (et ceux de Macromédia avant eux) ont plutôt bien fait leur boulot. Certes, Flash n’est plus aussi fun qu’avant : son interface a pris un embonpoint considérable, revers de ses performances démultipliées. Et puis la concurrence n’est pas en reste : dans la bataille des applications « propriétaires », Microsoft et Oracle entendent jouer leurs parties avec Silverlight et JavaFX. Enfin, les solutions open source à base de JavaScript ou AJAX offrent d’excellentes performances, tout en respectant les standards de diffusion et d’accessibilité du web 2.0.

Alors Flash, on l’aime ou on le déteste, mais il ne laisse pas indifférent. Et un bref parcours de ces quinze années d’évolution montrent bien comment il a contribué à écrire l’une des plus importantes pages de (la jeune) histoire du multimédia.

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