« A soulever le débat » répondront les mauvaises langues. Et cela dure depuis l’automne 2005, à l’époque des première discussions sur la protection du droit d’auteur. Adoptée jeudi dernier par un (tout) petit groupe de députés, sa validation définitive devrait intervenir le 9 avril. Mais les solutions plutôt répressives – coupure de l’accès internet – que propose cette loi seront-elles applicables et avec quelle efficacité ?

Parmi les points sujets à caution, le Monde.fr relève « l’obligation de sécuriser son accès internet« , c’est à dire d’installer un certain nombre de programmes destinés à éviter le piratage de votre connexion ( et sans doute aussi à limiter l’accès à certaines données comme les torrents).  Je trouve déjà que les éditeurs de solutions anti-virus et autres pare-feu plus ou moins utiles s’engraissent sur le dos de l’internaute depuis des années…

hadop2Pour repérer le téléchargement illégal et appliquer la sanction, tout passe par l’adresse IP, véritable signature de chaque ordinateur connecté au réseau. Or il existe des solutions très simples pour brouiller ses traces et se faire attribuer une IP fantaisiste…

Voici le résultat d’une petite manipulation basique : en passant par le site hidemyass, l’adresse IP est changée comme on peut le constater lorsqu’elle s’affiche dans les commentaires d’un site WordPress (mon adresse normale en haut, celle que me fournit HMA en bas 😉 ).

Et que dire du wi-fi, absolument omniprésent dans les foyers depuis l’arrivée en masse des boxes et dont les protections sont loin d’être infaillibles : un bon bidouilleur sous Linux vous « casse » une clef WEP en 20 minutes… Il faut donc privilégier la protection WPA, plus élaborée et (un peu) plus résistante.

Plus globalement, c’est tout le système de la distribution des oeuvres audiovisuelles qui doit être remis en cause. Seule la mise en place de nouveaux modèles – comme par exemple la licence globale, pourtant bien décriée – permettra d’enrayer le phénomène : tôt ou tard, les majors devront intégrer ces paramètres.

Dossier dans Marianne du 4/04 – Voir également sur Homo Numericus.

Comments

  1. Hé hé ! Manque de motivation de la part des députés de la majorité ou manière d’évacuer (provisoirement) un problème épineux, mais secondaire ? L’assemblée n’a pas réussi à se mettre d’accord, donc la loi n’a finalement pas été votée… Quand on vous dit que le débat n’est pas clôt…

  2. Petites précisions sur le Wifi ;).

    En ce qui concerne le Wifi, je confirme ton « (un peu) ». Le WPA n’est pas tellement plus fiable comme l’explique cet article sur l’utilisation des cartes graphiques pour cracker ce genre de clé.

    Si on en croit l’article le crackage est 10.000% plus rapide :/

    Ce qui prenait 7 jours en Force Brute prends maintenant 60 secondes… Ca fait (un peu) froid dans le dos! Non ? 😉

  3. Pour ma part je suis aussi un grand partisan de la licence global même si aucun système parfait n’a encore été trouvé, mais plutôt que de faire de la répression et uniquement de la répression, proposons des solutions. La répression il en faut car certaines personnes n’ont aucune moral et pense que tout est gratuit sauf leur travail bien sur… mais il faut proposer des solutions et à ce sens la licence global pourrait être une alternative.

    Le problème c’est l’industrie musical qui entre autre n’a pas envie de changer ses habitudes le problèmes c’est qu’ils n’ont pas compris qu’ils n’avaient plus le choix, ils ne peuvent plus travailler comme avant il faut s’adapter et si hadopi passe ils vont vraiment pas comprendre leur douleur car un grand nombre de personnes comme moi grand consommateur de produit culturel (mon budget musique est indécent ^^) n’achèterons plus rien (dvd, cd, jeux vidéos) si une lois comme celle-ci passe pour ma part ca sera un abonnement au vpn de pirates bay. Ca me fait chier pour les artistes qui seront les otages d’une telle lois mais on ne peut accepter qu’une telle lois puisse passer.

    En tout cas c’est une période triste pour un amoureux de la musique et de l’industrie musicale comme moi.

  4. On verra bien ce que qui se décide au niveau européen… En attendant, les Suédois condamnent les gars de Pirate Bay mais les euro-députés refusent le principe de la riposte graduée

  5. La licence globale a ses défaut : la SACEM (à mon sens le racket organisé le plus indécent de l’histoire de la culture) s’y est opposée en donnant un très bon argument. Si, à l’heure actuelle chaque créateur musical est libre de confier la gestion de ses droits de diffusion à un organisme de son choix, (SACEM ou autre), de proposer une licence Creative Common, ou de ne rien faire et donner son oeuvre au public, la SACEM s’est toujours opposée au monopôle de la gestion des droits de diffusion par un seul organisme : chacun doit être libre de son choix.
    La licence globale obligerait toute personne désirant avoir un retour financier sur cet abonnement a adhérer a un organisme hégémonique, – trés probablement la SACEM, si la licence est adoptée… – et ça en ferais chier plus d’un d’y adhérer…

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