Déniché parmi la foisonnante production de l’excellent studio australien THE DMC INITIATIVE, cette pure performance artistique et technique.

Future/proof a été conçu comme un exercice de style, présenté en ouverture de la conférence annuelle du PROMAXBDA, une importante association anglo-saxonne de promotion de la création audiovisuelle pro. Une création un peu hors-normes – ici, on ne vend pas de lessive ! – mais ou la patte de l’agence se reconnait bien, et notamment le travail de son directeur de création Nathan Drabsch.

Plusieurs niveaux de perception se mélangent : on croit tout d’abord partir sur du Merce Cunningham ou du Pina Bausch et voilà que le décor se modifie et commence à interagir avec les danseurs. Et puis le rythme se met en place, scandé à la fois par la musique et le subtil découpage des images capturées à très haute vitesse. Assez peu de plans, mais ceux-ci judicieusement servis, un unique mouvement de caméra… et une gestion parfaite de la profondeur de champ, l’un des points forts des outils modernes d’intégration vidéo-numérique. Filmés ainsi, les danseurs sont extraordinairement « charnels », tout en muscles dessinés et courbes animées, en opposition au décor minimaliste avec lequel ils font pourtant corps…

Mais le truc ultime, c’est cette maîtrise du temps « découpé », qui fascinait déjà les précurseurs, de Marey à Moholy-Nagy. Ce n’est plus le montage mais les corps eux-mêmes qui accélèrent ou ralentissent, au rythme de la fusion entre réel et virtuel. Un seul mouvement constant, celui de la trame à peine visible des particules qui virevoltent en boucle. Ce qui fait tout l’attrait d’un spectacle allant bien au delà de la danse contemporaine : dommage que l’on ne puisse voir cela qu’à l’écran (pour l’instant)…

Merci @ le journal graphic